Cher Utérus, c’est fini

Mettre son utérus en pré-retraite, petit trait d’humour pour dédramatiser un fait devenu une réalité ce jeudi 26 octobre 2017. La motivation m’est venue de l’article très touchant de Jenychooz sur Hello coton. Sa douleur, tout en me touchant profondément, m’a surtout rappelé ma « solitude » car je suis de l’autre « catégorie ». Je dirais même à l’opposé totale, car pour profiter de la suite de ma vie, j’ai dû « tuer » ma fécondité. Le verbe est fort mais vrai.

Cher Utérus,

Je veux te dire que je suis désolée. Je t’ai fait souffrir malgré moi.

D’abord, il y a eu la pilule en dent de scie durant quatre ans, puis l’épisode malheureux de l’implant. Six mois de cette petite barre et me voilà en pleine dépression nerveuse… Toi heureusement tu n’as rien eu. Le préservatif fut un épisode bien comique, y être allergique, a-t-on idée ? Ce n’était pas si grave, finalement aucune contraception ne te convenait, alors j’ai tout arrêté.

Puis on a souffert d’une grossesse extra-utérine, tu as été amputée d’une trompe. Mais cela ne t’a pas abattu, l’autre trompe faisait un déplacement tous les deux mois. Tant pis pour la douleur. J’ai pu avoir mes enfants. Bien sûr je n’oublie pas la fausse couche un soir de réveillon mais il a fallu être forte pour la petite fée qui ouvrait ses premiers cadeaux. T’en souviens-tu ?

Bon, j’avoue t’avoir mis à rude épreuve avec mes grossesses : la fille te frappait tellement que j’ai dû être alitée, les garçons ont été plus sages avec toi mais pas avec moi. Ma tension est montée à 22 le jour de l’accouchement et il s’en fallu de peu que tu vives une césarienne. Heureusement mon souhait d’accoucher naturellement a été respectée, tout comme le refus de péridurale. On a travaillé et gagné ensemble.

C’est ta trop grande performance et la réalité de notre monde qui nous a brisé. Le premier coup est venu, un soir, de Hadès a bout des pleurs du dernier.

Cependant si aucune contraception normale ne fonctionnait, il ne restait que la plus radicale ! Cette idée m’a mise hors de moi, puis abattue. Amis, familles, mari, tous avançaient des arguments pour que je te stoppe. Je les ai écouté, je t’ai parlé durant des jours. Puis il y a eu le retour du cancer, non pas pour toi et moi mais il a plané et fondu sur notre famille. La douleur qu’il a laissé m’a poussé à prendre LA décision. Je ne pouvais prendre le risque de voir Hadès jouer avec ce danger. Toi et moi avions déjà tant de souvenirs, on pouvait clore le chapitre « grossesse » et ne pas le perdre lui.

Voilà par amour, je t’ai coupé l’autre trompe.

Tu continues de vivre et tu pourras au besoin aider ma fille ou d’autres. Mais cher Utérus, c’est fini. On raye le rêve d’avoir huit enfants, ce rêve fou qui nous lie depuis l’adolescence. On raye la conception qui ne nous allait jamais. On raye aussi malheureusement la joie de porter un petit cœur et de donner la vie.

Profite de ton repos et ne tombe pas malade.

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2 comments

  1. jenychooz says:

    Merci beacoup pour le partage et ton article m’a aussi touché… Ce n’est pas un geste facile.
    Courage !
    Je te souhaite une bonne fin de journée
    Biz Jeny

    • Persephoneia says:

      De rien, je trouve que ce sont des sujets qui méritent d’être partagés. Beaucoup de femmes se sentent seules face à ces douloureux moments.
      Courage à toi aussi !
      Bonne journée.

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